Décrochée par BMW, Williams et Renault l'année dernière dans la lutte à la troisième place du classement des constructeurs, Red Bull a abordé la saison 2008 avec des ambitions nouvelles, espérant réduire l'écart avec ces trois formations qui se battent pour les accessits derrière la Scuderia Ferrari et McLaren Mercedes. Pour répondre aux attentes de Dietrich Mateschitz, le patron de l'écurie, Mark Webber et David Coulthard disposent d'une RB4 plus fiable que sa devancière. A eux d'en faire bon usage et de se montrer réguliers.
Mark Webber a offert les deux premiers points de la saison à Red Bull. (Reuters)"Pour 2008, je m'attends à ce que l'on se batte avec BMW, Renault et Williams pour la troisième place du championnat des constructeurs." Cette prévision, qui sonnait comme un voeu pieux, est signée Dietrich Mateschitz, le patron de Red Bull et accessoirement, au moins jusqu'à la fin de la saison, de la Scuderia Toro Rosso. Tenue début janvier lors de la présentation officielle de la RB4, elle s'appliquait évidemment à son écurie phare, sixième la saison dernière de la hiérarchie mondiale (si l'on ne tient pas compte du déclassement de McLaren Mercedes, ndlr) avec 25 points au compteur.
Conscient de ne pas pouvoir encore rivaliser avec Ferrari et McLaren, deux écuries qui ont déjà confirmé être au-dessus du lot cette saison, le milliardaire autrichien espère donc que son équipe réduise l'écart avec BMW, Williams et Renault. Si l'ouverture de la saison en Australie n'a pas permis à l'équipe de combler les souhaits du patron, David Coulthard et Mark Webber étant contraints à l'abandon, le Grand Prix de Malaisie, sanctionné par la septième place de l'Australien, a confirmé les ambitions de l'écurie de Milton Keynes.
La fiabilité, la clé du succès
Malgré des casses de suspension rencontrées à Melbourne et à Sepang, poussant notamment la FIA à demander un rapport à Red Bull, la RB4, version fiabilisée de sa devancière, semble en mesure de rivaliser dans la lutte aux gros points même si BMW s'impose d'ores et déjà comme la troisième force du plateau. Gage de la réussite future de la formation autrichienne ? La fiabilité. "L'année dernière, le manque de fiabilité nous a coûté environ 25 points. C'est un élément clé, que nous avons cherché à aborder avec la nouvelle voiture", confiait Christian Horner, le directeur de l'équipe, lors de la présentation du modèle 2008 de la marque. "Avec le nouveau défi qui exige que la boîte de vitesses tienne quatre courses, et le boîtier électronique unique, il y a de nouveaux challenges techniques à relever cette année, mais je suis convaincu que nous allons bien nous en sortir. Nous devrions avoir une RB4 bien plus fiable, et plus compétitive que la monoplace de l'an dernier."
Un rééquilibrage réalisé aux dépens de la performance ? Adrian Newey, le directeur technique de l'équipe, promet que non. "Je ne pense pas que les problèmes de fiabilité étaient le fruit de la recherche de la performance. Ils sont arrivés par le biais d'une conception très détaillée, des fautes de fabrication ou de montage", assurait cet hiver l'ancien technicien de McLaren. "Nous n'avons pas eu à faire de compromis à cet égard. Il s'agissait juste de comprendre pourquoi les choses cassaient, et ce qui ce qui provoquait ça dans les systèmes."
La victoire attendue en 2009
Galvanisé par sa septième place à Sepang arrachée au terme d'une belle bataille avec Fernando Alonso, Mark Webber veut croire qu'il sera de nouveau en mesure de jouer dans le haut du peloton le week-end prochain. "Derrière les deux ou trois grosses équipes, la lutte promet d'être une nouvelle fois serrée à Bahreïn", glisse l'Australien dans sa colonne accordée à la BBC. Entrer dans la dernière séance de qualification sera un objectif. Notre capacité à rester régulier d'un circuit à l'autre est un élément qui fera la différence entre nous, Renault, Williams et Toyota."
Etre constant dans l'effort, voilà bien l'objectif de Red Bull cette saison reportant ses envies de victoire à l'année prochaine. Interrogé cet hiver sur ses espoirs de voir Red Bull monter sur la plus haute marche du podium en 2008, Mateschitz ne se berçait pas d'illusions: "Je doute que cela puisse arriver dans des circonstances de courses normales. C'est le but pour 2009. Cette saison, nos deux pilotes devraient atteindre deux ou trois fois le podium chacun."